Il est des heures où l’esprit se cabre, se déchire,
où un seul point du monde devient tout l’univers.
Un visage, une parole, une blessure à relire
prennent racine en nous, deviennent feu contraire ;
et la nuit s’allonge, lente, à fouiller nos délires.
On tourne et retourne l’ombre, on scrute l’invisible,
on cherche dans le ciel blanc d’un plafond sans repos.
Chaque pensée s’enchaîne, fidèle, indestructible,
comme un fil trop tendu qu’on ne rompt qu’à grands mots.
On s’oublie soi-même en ce royaume impossible.
Puis vient un jour sans bruit, sans raison véritable,
où ce qui nous tenait s’effrite entre nos mains.
L’obsession se fait cendre, humble et presque aimable,
et l’on respire enfin un souffle plus humain ;
le cœur sort du brouillard, léger, presque capable.
On cherche alors pourquoi tant de fièvre secrète,
tant de nuits consumées dans d’étranges combats.
Et l’on comprend soudain que l’âme est une alchimiste discrète,
qui sous des obsessions travaille d’autres états :
l’abandon, la confiance, la justice imparfaite.
Puis la grâce apparaît, sans victoire ni réponse,
mais parce que la question change de forme et de voix.
Le regard se déplace, une paix douce s’annonce,
et ce qui fut vital devient poussière en soi.
Faites confiance au temps : il nous délivre et nous énonce. 🌹#notedujour
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Texte et vidéo : ©gabriellefourcault
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