Ne plus découper le monde en parts étanches,
Regarder autour de soi,
Et voir combien nos yeux ont appris la frontière,
Le métier sans passerelle,
Les rôles assignés,
L’âge rangé sur une étagère,
Les jeunes d’un côté, les vieux de l’autre,
La santé, l’écologie, l’économie, la société
Comme des camps retranchés.
Nous débattons à voix haute,
À coups de certitudes et de classements :
Qui est sérieux,
Qui promet trop,
Qui mérite la parole,
Qui séduit, qui triche,
Qui comprend mieux que l’autre.
Des querelles de clochers
Qui font beaucoup de bruit
Et si peu de lumière.
Moi, je crois aux ponts.
Aux chemins qui se croisent sans se nier.
Aux écosystèmes mêlés,
Aux terres où plusieurs voix
Apprennent à respirer ensemble.
Je crois que le relief et le creux
Habitent tous les territoires,
Et que notre responsabilité
Est de regarder d’où parle chacun.
Écouter en conscience,
Identifier les sources,
Sentir si les mots soignent ou blessent,
S’ils élèvent ou enferment.
Car le monde n’a pas faim de promesses creuses,
Ni de regards hautains.
Il réclame de la justesse,
Une parole qui ne triche pas avec le réel.
On ne donne pas sens à sa vie
En se repliant sur soi.
On ne s’émancipe pas
En oubliant la terre et les autres.
Nos gestes doivent être justes,
Nos liens aussi,
Sinon l’éveil n’est qu’un mirage
Et l’individuel une impasse.
Il n’y a pas de chemin intérieur
Sans éthique partagée,
Pas de réparation solitaire.
Nous sommes reliés,
Intimement, profondément.
Nous nous soignons en soignant le monde,
Nous nous relevons, pour partie, ensemble.
Nous ne sommes pas des ermites.
Nous sommes fatigués de rompre,
Épuisés de nous isoler.
Alors cherchons les voix qui rassemblent,
Celles qui donnent envie
De se tenir la main
Et de marcher, enfin,
Aux rythmes différents ou du même pas. 🌹#notedujour
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texte et vidéo : ©gabriellefourcault
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