Il y a un mot que j’aime particulièrement dans la langue française : brasillement. Il dit le scintillement de la braise, cette lumière vive qui semble danser à la surface du feu. Mais il appartient aussi à la mer. En vocabulaire nautique, il désigne ces éclats de lumière que l’eau renvoie lorsque le soleil ou la lune vient s’y poser. J’aime l’idée que le même mot puisse appartenir au feu et à l’océan, comme si la langue avait compris avant nous que les éléments se répondent. La nature possède cette étrange façon d’habiller le monde de beauté, sans jamais chercher à se faire remarquer. Une lumière sur l’eau, un reflet sur une vitre, le mouvement d’une feuille dans le vent. Des choses presque insignifiantes, et pourtant capables, pendant quelques secondes, de suspendre le vacarme.
Car le beau existe encore dans les interstices. Il se glisse là où nous ne pensons plus à le chercher, sur des surfaces qui ignorent tout de la fureur du monde, de ce flot d’informations qui nous atteint chaque jour, jusque dans les moments où nous croyons nous reposer. Peut-être est-ce cela, finalement, la déconnexion : non pas fuir le monde, mais retrouver le monde véritable.
Alors j’en reviens à la mer. Regardez-la longtemps. Au début, vous la regardez comme on regarde quelque chose qui nous est extérieur. Elle est là, devant vous, immense, souveraine, indifférente. Puis quelque chose se produit. À force de la contempler, elle finit par vous attirer à elle. Son mouvement devient le vôtre. Sa profondeur vous enveloppe. Vous ne regardez plus la mer. Vous êtes dedans. Nous sommes faits de la même matière que ce qui nous entoure. Nous appartenons à cette immensité bien davantage que nous ne voulons l’admettre.
Habiter le monde, ce n’est pas exploiter ses ressources jusqu’à l’épuisement. C’est reconnaître que nous sommes reliés avec le vivant. Et découvrir alors que nous ne sommes pas moins importants parce que nous sommes infimes. Nous sommes simplement reliés. Comme ces diamants de lumière qui apparaissent sur la mer lorsque le soleil vient y déposer ses éclats : chacun semble indépendant, et pourtant tous appartiennent au même mouvement.
✨ Peut-être est-ce cela, le brasillement de la mer : nous rappeler que, malgré nos solitudes apparentes, nous sommes toujours reliés à quelque chose de plus vaste que nous.
#LesDiamantsDeLaMer #Brasillement #Mer #Océan #Lumière #ÉclatsDeLumière #Poésie #PoésieDuQuotidien #Mots #LangueFrançaise #BeautéDuMonde #Contemplation #Évasion #Inspiration #Nature #SeaLover #OceanLover #SeaAndSoul #OceanVibes #MondayInspiration

Laisser un commentaire